AGHIA VARVARA
Ex SAINT WINIFRED, ex PATRICIAN
(1913-1938)

Pavillon grec
Basse Vedric, Ouessant
Echouement dans la brume, le 21 juin 1938
SS ELECTRICIAN

Caractéristique

Cargo lancé par le chantier Russell & Co. Ltd. (yard), le 22 avril 1913 sous le nom de SAINT WINIFRED ( Official number : 135460) pour la British & Foreign SS Co. ( Rankin, Gilmour & Co Ltd), Liverpool. C'est un grand cargo à vapeur jaugeant 4572 tonnes BRT 2884 net et mesurant en pieds 385 X 52 x 26.5 pour un tirant d'eau de 26 pieds. Il est propulsé par une machine triple expansion (25", 41" & 68"-48"), fabriquée par J. G. Kincaid & Co. à Greenock de 351 NHP lui donnant une vitesse de 11 noeuds.

Il est vendu en 1918 à la Charente S.S Co Ltd (T & J Harrison) (2) Liverpool et renommé ELECTRICIAN. Revendu en 1932, il passe sous pavillon grec sous le nom d'AGHIA VARVARA pour L. M. Logothetis & M. Fakis.

Le naufrage

"Ouessant et ses dangereux récifs vient d'être une fois de plus fatal à un vapeur grec, l'Aghia-Varvara, cargo de 4.500 tonnes de jauge brute, âgé de 25 années, qui transportait à Gand 7.400 tonnes de minerai de fer pris à Durban. En effet, hier matin, à 9 h. 30, le sémaphore de Penmarch signalait aux autorités maritimes que l'Aghia-Varvara faisait des signaux de détresse devant Ouessant. Le cargo français Chateau-Pavie ne tardait guère à intercepter les S.O.S. du grec que captait également le poste d'Ouessant. A 10 h. 06, on apprenait que le bateau échoué sur les rochers de la Basse-Bridy, dans la direction de la pointe de Pern, avait été évacué par son équipage. Une quarantaine de minutes après, le sémaphore du Creach demandait à la station de sauvetage de Lampaul de se porter au secours de l'Aghia-Varvara et tirait le canon d'alarme. Enfin, à 11 h. 45, trente personnes de nationalité grecque débarquaient à ce même port de Lampaul sans que le canot de sauvetage ait eu à intervenir. De notre côté, nous étions avisés que les rescapés avaient été pris à midi par le courrier de l'île, l'Enez-Eussa, qui allait les débarquer vers 5 heures du soir au port de commerce.

Le Nouvelliste du MorbihanSS Electrician

L'ARRIVEE A BREST DES NAUFRAGES. A 16 h. 50, l'Enez-Eussa accoste au premier éperon du port marchand. Les Grecs sont groupés à l'arrière parmi leurs bagages entassés pële-mêle, reconnaissables à leur teint hâle et à leurs vêtements de travail. A tribord, avec deux ou trois marins, nous remarquons également une femme qu'on prend tout d'abord pour la femme du capitaine et qui, en réalité, n'était que la femme de chambre de l'Aghia-Varvara. Les passagers ayant débarqué, les autorités montent à bord. Nous reconnaissons MM. Morel, sous-préfet de Brest; Hornez, commissaire divisionnaire de police spéciale; Grecs inspecteur de la police spéciale; Querrien, contrôleur principal des douanes; Arzel, représentant M. Bastit, consul de Grèce à Brest et la brigade de la douane maritime avec le patron Allancon. Tandis que les papiers des rescapés sont examinés, on commence à entasser sur le quai les valises et les sacs de marins. Puis le capitaine du cargo naufragé, M. Vasilios Goulandris, le premier officier Nicolaos Logothetis et le second officier Georgios Lignos descendent à terre. M. Georgios Lignos, qui cause passablement le français, nous confie que c'est la seconde fois qu'il arrive à Brest dans les mêmes tragiques conditions, ayant déjà fait naufrage il y a dix-huit mois dans les parages d'Ouessant avec le Myconos et il ajoute par manière de plaisanterie que la troisième fois il se mariera en France pour s'y fixer. C'est le même officier avec un matelot qui, lui, possède à la perfection notre langue, nous met au courant des péripéties du naufrage. Nous sommes partis, dit-il, de Durban, il y a trente quatre jours aujourd'hui même avec sept mille quatre cents tonnes de minerai de fer que nous devions décharger à Gand. Le voyage fut excellent jusqu'à ce matin. A quatre heures, la brume commença à régner de telle façon que nous ne voyions plus notre route Nous mimes la machine au ralenti et nous commençâmes à actionner le sifflet de brume comme le prescrivent les règlements et la prudence. Nous avons bien entendu le signal de brume d'Ouessant, mais comme nous venions de croiser trois ou quatre bateaux qui sifflaient de même façon, nous nous imaginions que c'était un nouveau cargo. Nous pensions à ce moment être sur la route normale, c'est-à-dire à quatorze milles à l'ouest d'Ouessant. Puis brusquement, il y eut un choc, puis un autre et un autre encore et le bateau s'immobilisa sur les récifs qu'il venait de toucher du nez. S'étant fait une brèche sans doute considérable, l’Aghia Varvara commença à piquer du nez. Une baleinière fut mise à flot. Le reste de l'équipage qui eut le temps de sauver ses bagages fut sauvé par trois barques de pêche. Notre bateau sombra en trois-quarts d'heure. Quand nous partions, la cheminée émergeait d'un mètre environ au-dessus de la mer ... L'Aghia Varvara est, en effet, coulé sur des fonds de trente à soixante centimètres à marée basse, l'entrée de la baie de Lampaul, devant Ouessant, à proximité de la Basse Bridy. Si l'on en juge par cette précision sa cargaison sera aisément récupérable. Ajoutons que le sauvetage des vingt-neuf hommes de l'équipage et de la femme de chambre fut effectué par deux barques de pêche de Portsall et par M. François Morin, patron du canot de sauvetage de Lampaul, qui péchait dans les parages. Les 29 hommes d'équipage et la femme qui avait été sauvée par des pêcheurs et conduits à Brest par l’Eunez Eussa, ont été répartis entre les hôtels de l'Espérance, des familles et des P. T. T., par les soins de M. Arzel, représentant M. Bastit, consul de Grèce. Le capitaine Vasilios Goulandris, doit déposer son rapport de mer aujourd'hui et les rescapés pourront probablement partir ce soir pour Le Pirée. Deux d'entre eux qui étaient légèrement souffrants, ont été visités hier à l'Hôtel par le docteur Mignard "

Position

Carte du naufrage

Zone : 48 05 30 W
Latitude : 48° 25,6909 N
Longitude : 005° 08,5849 W

Notes

1. Agia Varvara : en grec: "Άγια Βαρβάρα" : Sainte Barbara

2. Thomas. & Jasper Harrison : Formé à Liverpool en 1853 quand les frères Harrison, qui avaient auparavant été des partenaires dans la société de George Brown et de Harrison, ont repris de la compagnie à la mort de George Brown et l'ont rebaptisé Thos et Jas. Harrison. Le commerce initial était l'importation de Cognac de la région charentaise. En 1860 la compagnie a pris livraison de deux premiers steamers et s'est progressivement débarrassée de ses voiliers, le dernier étant vendu en 1889.
En 1871 Charente SS Co a été formé, dirigé par T et J. Harrison. John T. Rennie, Sons and Co Aberdeen.

 

Sources

John H Marsh Maritime Research Centre (N° 112 ELECTICIAN freighter 4572/1913) ; Le Nouvelliste du Morbihan (24 juin 1938) ; Miramar Ship Index ; "Dictionary of Disasters at. Sea During the Age of Steam" C. Hotchkins ; National Maritime Museum of Liverpool (MMM.2005.59, Minute Books of the Charente Steam Ship Co., Ltd. - réf B/HAR/7/1 - 6) ; L'Ouest-Eclair (24/06/1938) ;

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