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"ARIANE & ANDROMAQUE"
Frégates françaises de 40 canons,1807 - 1812

Combat naval

Directeurs de fouilles : Bernard de Maisonneuve, Jean-Michel Kéroullé.

Historique du naufrage :

Revenant d’une course de 134 jours qui l’avait mené des Açores aux rivages Caraïbes, une division formée par le brick Mameluk et les frégates de 44 canons l’Ariane et l’Andromaque, se présente le 22 mai 1812 au sud de l’île de Groix. Les frégates sont riches de 14 prises. A ce moment, l’escadre menée par le commandant Feretier aperçoit deux bâtiments anglais, le vaisseau de 74 canons H.M.S. Northumberland et la corvette de 18 canons H.M.S. Grauler qui manœuvrent pour barrer la route aux navires français.
Compte tenu de l’infériorité apparente des bâtiments français, mais surtout des conditions maritimes (vents d’ouest sud-ouest et début de jusant), la logique, sinon le bon sens, aurait dû conduire les Français à fuir vers la haute mer. La vélocité des frégates les aurait rapidement mis hors de portée de l’ennemi. Ainsi l’escadre aurait pu attendre le flot et la nuit, pour se représenter à l’entrée du port de Lorient. Ce n’est pas la décision que prennent les capitaines Feretier et Morice. Se fiant au jeune enseigne de vaisseau Legrand, familier des parages, ils décident de forcer le passage en longeant la côte de Ploemeur. Hélas l'enseigne Legrand va périr au combat…
L’escadre est aussitôt engagée par les navires britanniques. Les deux frégates, sous le vent du combat d’artillerie, se trouvent perdues dans la fumée. Elles talonnent finalement sur la basse rocheuse du Grasu.
Echouées en début de jusant, couchées sur leur hanche bâbord, impuissantes, l’Ariane et l’Andromaque, sont soumises au feu roulant du H.M.S. Northumberland. La situation est vite désespérée. Un incendie ravage le pont et la mâture de l’Andromaque. L’ordre est donné d’abandonner les navires. On met le feu volontairement à l’Ariane. Les deux frégates se disloquent dans l’explosion de leurs soutes à poudre...
Egalement échoué à proximité, évacué dans la soirée du 22, le Mameluk est sauvé le lendemain par son commandant, le capitaine Malabée. Ce dénouement prouve que l’Ariane aurait également pu être sauvée si on n’avait pas, dans la panique, entrepris d’y mettre le feu.
Gravement mis en cause par la commission d’enquête, qui les accusa de lâcheté et les jugea coupables d’impéritie, Feretier et Morice furent cassés et déclarés incapables de servir pour trois ans.
(Voir pièce d'archive).

"A deux heures, le vaisseau ayant repris les armures à bâbord dirigeait sa route de manière à couper la nôtre. Me trouvant par le travers de la pointe du Talus à deux heures quinze minutes, l'ennemi qui venait de mettre en panne tira quelques coups de canon auxquels je répondis de toute ma volée, le combat s'engagea et de part et d'autre, devint des plus vifs. Il laissa et courut comme nous, se mettant par notre travers à portée de fusil. Il se trouvait au vent et toute sa fumée tombait sur moi au point de laisser à peine distinguer la roche appelée la basse de Graul que je voulais éviter et au large de laquelle je devais passer. La sonde cependant rapportait six à sept brasses. Le feu continuait toujours avec la même activité aux cris répétés de " Vive l' Empereur ". La fumée devenait de plus en plus gênante et bornait la vue à une portée de pistolet."
Rapport du Cpt Ferretier

Pierriers et canon de salut
Lingots de lest en plomb
Monnaies prises lors  de la campagne
canons en bronze (Photo A.A.A.)
Inspection des lingots de lest (Photo A.A.A.)
Collection de monnaies (Photo A.A.A.)

Le sondage archéologique :

Jean Claude Abadie découvre les traces d’un naufrage au large de Lorient-Ploemeur (Morbihan). Quelques temps plus tard, un autre plongeur, Alain Delcambre, signale la présence d’un canon en bronze dans la même zone. Les épaves des frégates de 40 canons, Ariane et Andromaque, recherchées depuis de nombreuses années, sont enfin localisées.
Une mission d’expertise menée par Monsieur Michel L’Hour, ingénieur de recherche au DRASSM (Ministère de la Culture), confirme l’intérêt archéologique et historique du site. Elle confie des sondages en 1996, 1997, 1998, 1999, 2000 et 2001 à Bernard de Maisonneuve et Jean-Michel Kéroullé et leurs équipes, tous bénévoles.
La basse de Grasu est un chapelet de roches à 0,5 mille de terre. Elle provoque un chenal où les frégates se sont échouées et naufragées. Le mobilier archéologique est très répandu. Plus de 200 pièces archéologiques constituées d’éléments d’armement, d’accastillage, d’objets du bord et des prises (pièces en argent, couverts en étain, chaussures, ustensiles de cuisine, tonneaux), ont été remontés, traités et classés en trois sous chapitres (armes, armement du bateau et effets personnels).
Cinquante-quatre plongeurs ont réalisé 1200 heures de plongée sur un fond de 1 à 10 mètres.
Le sondage de juin 2000 a permis de définir la position de la deuxième frégate et de valider la relation du naufrage faite par les archives. L'année 2001 a été consacrée au traitement, à la valorisation des objets recueillis et à la synthèse de ces quatre années de travail.
Une exposition sur la fouille des frégates Ariane & Andromaque a été présentée à la Cité de la Mer de Cherbourg.

Plan de caroyage
Plan de caroyage

Rapport de fouille disponible sur demande

 

Voir diaporama des artefacts

 

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