Naufrages des navires portant le nom de
COLBERT
au XIX eme siècle

SS AUSTRIA
Jean-Baptiste Colbert, né le 29 août 1619 à Reims, mort le 6 septembre 1683 à Paris, est un des principaux ministres de Louis XIV. Contrôleur général des finances de 1665 à 1683, secrétaire d'État de la maison du roi et secrétaire d'État de la Marine de 1669 à 1683.

Trois-mâts goélette COLBERT (1835-1835)

COLBERT, trois-mâts goélette en bois, construit au Havre en 1835. Il appartient aux frères Mauger, négociants à Cherbourg et il est commandé par le capitaine Bonnetard.

Le naufrage :

Le 19 décembre 1835, le Colbert flambant neuf quitte le Havre pour se rendre à Cherbourg avec 12 hommes d'équipage et 200 tonneaux de lest. La brise était favorable", quoique un peu forte. Le matelot Lecannellier seul, homme échappé au sinistre qui suivit ce commencement de voyage relate ainsi les diverses circonstances de son naufrage :

"Nous sommes partis du Havre à onze heures du matin, dit ce brave matelot, avec bonne brise de N.-E. Nous avons doublé la pointe de Barfleur vers les neuf heures du soir. A onze heures nous eûmes connaissance des feux de l'île Pelée et de Querqueville. Les vents ayant passé au N.-N.O. Nous avons couru quelques bordées.
A deux heures moins un quart nous avons manqué l'évolution du virement de bord. Un peu après, nous avons touché sur les rochers de la pointe N.-O. de l'île Pelée.
La mer déferlant par-dessus le navire qui commençait à se pencher violemment, je me suis dévoué, aux sollicitations du capitaine Bonnetard et de M. Mauger, frère des armateurs, embarqué sur le Colbert comme passager, à me jeter à la mer, pour porter une ligne sur une roche dont nous apercevions la pointe, afin d'établir un va-et-vient, qui put aider une chaloupe à sauver l'équipage. Mais à peine étais-je arrivé sur le rocher que je n'ai plus aperçu le navire.
Dans cette extrémité je me suis décidé à traverser un bras de mer qui me séparait du fort, bien que ce dernier me parut être à une grande distance de moi. Après mille efforts, et après avoir été longtemps ballotté par la mer qui me jetait de rocher en rocher, je suis enfin parvenu au pied du fort de l'île Pelée, où je me suis cramponné à une barre de fer qui liait les pierres, et là, exténué de fatigues, j'ai attendu que quelqu'un me portât secours.
Enfin le jour allait venir, lorsque je fus aperçu, et l'on me transporta sur le fort, où je reçus les soins les plus empressés. A huit heures du matin j'avais repris connaissance avec quelques forces, et j'appris que le capitaine Bonnetard, M. Mauger, le second du navire, M. Bouchard et le mousse avaient été aperçus à peu de distance du fort, sur un petit radeau qu'on vit presque aussitôt chavirer en même temps que disparaissaient les malheureux qui le montaient. Peut-être avec une bouée de sauvetage ou quelque appareil de salut, aurait-on réussi à les sauver".

Naufrage du Colbert
Naufrage du Colbert, gravure de presse

Dès le matin la côte de Cherbourg se bordait de débris. Vers dix heures Un coup de canon tiré du Fort-Royal annonçait le besoin de secours. Le pilote Ferey n'hésita cependant pas à s'embarquer avec son équipage de péniche. Ils parvinrent pourtant à franchir la distance qui séparait la plage du théâtre présumé de la catastrophe. Douze victimes avaient perdu la vie dans ce naufrage. Le corps du capitaine et le cadavre d'un matelot échouèrent bientôt sur la rive, plus loin on trouva un autre naufragé, noyé sur des débris auxquels il s'était attaché.

Position :

Latitude : 49° 40',0000 N - longitude 001° 34',0000 W
(position approximative d'après le récit)

Chasse-Marée COLBERT (1814-1835)

COLBERT, chasse-marée de 24 tonneaux, contruit et immatriculé à Vannes en 1814 et basé à Port-Navalo. il mesure 39 x 11,7 pieds du Roi pour un tirent d'eau de 5 pieds.

Le naufrage :

Sur un trajet Rouen à Saint-Malo, avec un chargement de cuivre et faiënces, il se perd sur la côte de Guernesey.

Chasse-marée
Chasse-marée du XIX eme

Position :

Côte de Guernesey.

Chaloupe COLBERT (?-1882)

COLBERT, chaloupe de pêche, immatriculée à Lorient, appartenant à François-Marie Favennec et basée à Port Manach .

Le naufrage :

"On signale un naufrage qui a couté la vie à quatre marins. Voici les renseignements qui nous sont parvenus sur ce triste événement :

Le 22 juillet 1882, à 4 heures du matin, le bateau de pêche le Colbert, du quartier de Lorient, quittait Ie Port Manach, en Névez, où il avait passé la nuit.

Vers 5 h. 1/2, il était à deux lieux de terre et allait lever des casiers placés entre les Iles Glénans et Groix. Le temps était brumeux, la mer était grosse et un vent violent soufflait du sud-ouest. Tout-à-coup une rafale fit chavirer le bateau et les cinq hommes qui le montaient furent jetés à l'eau. Ils se maintinrent à la surface pendant trois-quarts d'heure environ, se cramponnant aux gréements et aux avirons qui n'avaient pas coulé et appelant au secours.
La brume était si épaisse qu'ils ne pouvaient être aperçus des autres bateaux. Bientôt les naufragés furent à bout de forces, et lorsque la barque Marie-Madeleine de Locmalo [quartier de Port-Louis) arriva pour leur porter secours, quatre de ces malheureux avaient péri.

article
Le Morbihannais (04/08/1882)

Le seul survivant, Bourhis Pierre, de Bélon, âgé de 18 ans, fut recueilli à bord de la Marie-Madeleine et conduit chez le patron de cette barque, qui lui prodigua tous les soins nécessaires. Nous regrettons de ne pas connaître le nom du brave sauveteur.
Les hommes qui ont péri dans cette catastrophe sont : Favennec François-Marie, âgé du 33 ans, patron du bateau - son frère Favennec Jean-Louis, mousse, âgé de 13 ans - leur père, Favennec François-Marie, 63 ans. ( Le corps de ce dernier a été recueilli par un bateau de Locmalo et remis à M. Berrou, de Bélon, patron de la barque Fleur de-Marie , qui l'a rendu à sa famille) - et enfin Eon Louis-Marie, 20 ans, du village de Kersel.

Le jeune Bourhis, échappé à la mort, seul de l'équipage, comme nous l'avons dit, a assisté à un spectacle terrible. Il a vu périr successivement ses compagnons : d'abord les frères Favonnec, qui se seraient étroitement embrassés ; puis Eon qui lutta longtemps contre les Ilots ; puis Favennec père, qui s'était attaché au mât avec sa ceinture. C'est dans cette position qu'on a trouvé son cadavre.

L'équipage du bateau Fleur de-Marie a fait de vigoureux efforts pour sauver le Colbert. Dans cette tentative, il a perdu son grappin et une quantité de cordage, on n'a réussi à sauver que bien peu de chose du bateau naufragé."

Position :

Latitude : 47° 45', 0000 - longitude 003° 44',0000 W
(position approximative d'après le récit)

Chaloupe COLBERT (?-1890)

COLBERT, chaloupe crevetière armée à la pêche à Saint-Gilles-Croix-de-Vie, patron et armateur J. J. Pommerat.

Le naufrage :

"Vendredi matin, 12 décembre 1890 à 9 heures, Mr Lacroix à été prévenu par le gardien de phare de la Pointe des Corbeaux, Bigot que depuis environ deux heures, on entendait des cris qui semblaient appeler au secours, et qui venaient dans la direction de la roche de Corbeau."

Le brouillard, depuis 24 heures, était d'une telle intensité qu'il était impossible de voir à plus de 60 mètres, mais qu'après avoir tiré deux coups de fusil dans cette direction les cris avaient répondu :

"Je me suis immédiatement rendu sur le quai où j'ai trouvé Mr Renaud, membre du comité, et le patron Devaud : il a été décidé que, vu l'état de l'atmosphère et la cote de marée, il était impossible d'envoyer le canot de sauvetage. Sachant qu'il m'était possible de trouver à la pointe des Corbeaux un bateau qui, pendant l'été, est affecté à la pêche du homard, j'ai aussitôt fait atteler une voiture et pris le patron Devaud avec 3 hommes pour me rendre sur les lieux. Je suis arrivé à la pointe vers 11 heures.
J'ai fait aussitôt mettre le canot à la mer, puis le patron Devaud est parti dans la direction de la roche, guidé par les cris des naufragés. Arrivé près de la roche, il reconnut que deux hommes se tenaient accrochés dans les marches de l'échelle de la tour-balise. L'état de la mer ne permettant pas l'accostage, un va-et-vient fut établi et les canotiers furent assez heureux pour ramener vers midi et demi les 2 naufragés.
Ces deux hommes provenaient de l'équipage du bateau dragueur "Colbert" de St Gilles. Le patron a déclaré que le jeudi soir, 2 courant, vers 8 heures, par brouillard très intense, il avait heurté la roche du Corbeau presque à toucher la tour-balise, que lui et son matelot avaient juste eu le temps de sauter sur les échelles, mais que le novice, âgé de 18 ans, avait aussitôt disparu avec le bateau coulé au pied de la tour.
Ces malheureux sont restés plus de quinze heures dans les marches de la tour-balise"...

Le novice disparaît avec le navire.

Le naufrage Louis Garneray
Le naufrage, Peinture de Louis Garneray

Position :

Pointe des Corbeaux, Ile D'Yeu
Latitude : 46° 41', 5060 N - longitude 002° 16'. 6197W

Sources

1. Journal du Havre ; "Le Naufrage du COLBERT 1835", Amédée Gréhan (La France Maritime, 1837)

2. A.D. 56 (P 587)

3. Le Finistère (26/07/1882) ;

4. "Des vigies aux sémaphoristes", N°5, p. 26 et 33, Humeau Jean : fond Douanes ; "Annales du Sauvetage maritime" 90-4-300 ;

Suite :

Naufrages des navires portant le nom de COLBERT au XX eme siècle

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