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Date de mise à jour : 01/09/2021 (54 nouvelles épaves, 32 mises à jour, 8 nouvelles photos et images)

Vaisseau de 50 canons
LE FOUGUEUX
(1694-1696)

Les Glénan
Combat naval, le 16 décembre 1696

Vaisseau 3eme Rang

Recherche prospection : SAMM

Le fougueux est un vaisseau de 50 canons, mis en chantier en mai 1694 à l’arsenal de Brest et construit par Blaise Pangalo. Il sera terminé en mai 1695.
"Les vaisseaux le Fougueux, le Téméraire et la Mutine sont tous trois de différentes constructions et ont tous trois estés construits pour faire la course. L’on espère qu’ils réussiront et afin que les maitres constructeurs n’eussent aucune excuse a aposer s’ils ne sont pas bon voiliers…. On les a laissé faire à leur fantaisie. Je trouve beaucoup de différence dans leur manière de bâtir. Le Fougueux bâti par Mr Blaise tirera 5 pied d’eau plus derrière que devant."
Armement : entre 50 et 60 canons, à priori : 24 canons de 18 en bronze et 26 canons de 8 en fer. Le vaisseau Le Fougueux est dans un très mauvais état après de longs mois de navigation :
"Le mauvais état ou était l’équipage du Fougueux fait que l’on donne de la peine à le rétablir, cependant Mr Le Chevalier D’Amfreville partira incessamment, l’on a été obligé de lui changer aubans et nombres de manœuvres et de luy racommoder les voiles".
Mais le ministre Pontchartrain demande fermement à d’Amfreville de prendre la mer :
"Je suis bien faché que le vaisseau le Fougueux ne soit pas encore parti. Il est important qu’il soit parti à sa croisière ayant reçu par cet ordinaire de la Rochelle que les vaisseaux de Canada commencent d’arriver. Pressez Mr le Chevalier d’Amfreville de mettre à la voile".

Vaisseau 3eme Rang

Le 16 décembre 1696, alors qu’il navigue entre Groix et les Glénan, le Fougueux aperçoit une escadre anglaise composée du HMS Weymouth et du HMS Dover. Devant l'inégalité des forces, le Fougueux se met en fuite mais il est pris en chasse par le “HMS Weymouth” et le “HMS Dover”.
Pendant une heure, le combat naval fait rage. Les boulets pleuvent des deux côtés. Le chevalier d’Amfreville cherche à gagner les îles Glénan pour y échouer son bâtiment. Mal conseillé par un pilote côtier, il touche une roche pourtant "bien connue de tous ceux qui naviguent".
Incapable d’obstruer la brèche et d’assécher ses fonds, il cherche à gagner les îles Glénan pour y échouer son bâtiment. Il n’y parviendra jamais et coule vers 17 heures. Seuls 27 marins seront récupérés par les Anglais et faits prisonniers. Le commandant coule avec son navire.
Le 13 février 1697, Pontchartrain répond à Descluzeau :
"Vous m’avez appris a présent le malheur arrivé au vaisseau du Roy le Fougueux par l’ignorance de son pilote costier. Il est ennuyeux pour eux que nous gardions des vaisseaux sur nos costes par ces endroits ou il est bien important de se précausionner à l’avenir contre l’ignorance De ces sortes de gens et je vous prie d’examiner quelles mesures il y auroit à prendre pour nous assurer de leur capacité et que ceux qui sont embarqués dans les batiments Gardes costes aye une connoissance parfaites des dangers".

Se basant sur les archives françaises et anglaises, plusieurs équipes d’archéologues s’intéressent à ce fait de guerre. C’est, en effet, une épave particulièrement intéressante sur le plan archéologique et patrimonial.

Après plus d’un mois de recherches magnétométriques, Patrice Cahagne a identifié en juillet 2009, un site dont les caractéristiques correspondent parfaitement à ce que nous recherchons. L’épave semble entièrement recouverte par un sable coquillé d’une épaisseur qui n’a pu être déterminée. Le gisement est compact, ce qui présagerait d’une épave homogène.

Grâce à l’aide du Ministère de la Culture, de la ville de Fouesnant et au mécénat d’entreprises, une opération archéologique est organisée au mois de juin 2011 et réalisée par les membres de la Société d’Archéologie du Morbihan ( S.A.M.M.)..

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Préparation du matériel à l'île St-Nicolas

La zone est localisée et des plongées sont entreprises pour tenter de découvrir des vestiges du naufrage

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Impacts magnétométriques sur la zone

Et, alors ?
Alors, une épaisseur de huit mètres de sable a empêché de parvenir jusqu’au vaisseau et de commencer les fouilles. Pourtant, c’est bien Le Fougueux qui est enfoui à cet endroit depuis plus de trois siècles.
Une découverte majeure car l’épave protégée par sa gangue de sable semble compacte et repose avec tout son armement, ses objets de la vie quotidienne et ses victimes, du côté de la balise du Loch.
C’est désormais le DRASSM (Département de Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines) qui décidera de la poursuite des opérations. Embarquement du matériel de sondage Plan d’un vaisseau de 50 canons Analyse des données recueillies sur le site Mise à

 

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Les navires sur le site

Position

carte du naufrage

 

 

Sources

S.H.M. Brest (1 E 472 ) ; S.H.M. Rochefort, Paris B3 778 f° 146, B2 78 ; "De la marine de guerre sous Louis XIV" par R. Memain, p 970-977 ; Delmeriac "Nomenclature des vaisseaux du Roi Soleil" ; The National Archives, Kew (ADM 106/490 Captain William Jumper, the Virgin's Prize, Hamoaze. Reports his fight in great detail with a French man of war.)