LE FRIGORIFIQUE
ex, EBOE (1875)
(1869-1884)

FrancePavillon Worms

LE RUMNEY
(1879-1884)

GBPavillon Cory

Sein
Double abordage, 19 mars 1884

Le Frigorifique
Le S/S Frigorifique

Caractéristiques du Frigorifique :

FRIGORIFIQUE, paquebot N° officiel 63561, lancé le 4 décembre 1869, sous le nom de EBOE pour l'African Steamship Co. de Londres. Construit par Thomas Royden & Sons à Liverpool (yard 124).
C 'est un petit navire à passagers gréé en ketch et propulsé par une machine compound deux cylindres inversés (26" & 50-30"), d'une puissance de 100 NHP, fabriquée par J. Jack & Co., à Liverpool . Il mesure 63,9 mètres de long pour un baud de 8,3 mètres (209,8 x 27,3 x 13,4 pieds).

Il est acheté en 1875 par la Société pour le Transport de la Viande Fraiche (Charles Tellier) de Rouen et renommé FRIGORIFIQUE. A la faillitte de la société en 1881, le FRIGORIFIQUE est acheté aux enchères par l'armement Worms, Josse & Cie (3), de Bordeaux. Elle l'utilise sur la ligne Bordeaux - Rouen pour le transport principalement du vin.

Caractéristiques du Rumney:

RUMNEY, cargo n° Officiel 79399, lancé le 24 avril 1879 pour J. Cory & Co., Cardiff (1) et construit par William Doxford & Sons Ltd, Pallion, Sunderland (Yard 113).

C'est un vapeur charbonnier à hélice de 1020 DWT et 812 BRT, actionné par une machine compound deux cylindres (25" & 48-33") d'une puissance de 90 NHP fabriquée par le constructeur . Il mesure 61,3 mètres pour un baud de 8,8 mètres (201 x 29 x 14.3 pieds)..

Frigorifique

William Doxford

Le Frigorifique

Chantier William Doxford

Le naufrage

Le 19 mars 1884, les deux navires appareillent sans doute en même temps. Le RUMNEY de Cardiff à destination de Rochefort avec dans ses cales du charbon et le FRIGORIFIQUE de Passages, via Bordeaux à destination de Rouen avec ses cales pleines de vins. L'un est donc sur la roude descendante, l'autre sur la route montante.

Aux abords de l'Iroise, la brume est très dense et le RUMNEY avance à vitesse réduite en actionnant régulièrement sa sirène. Quand soudain, il est abordé violemment par le travers par le FRIGORIFIQUE.

Les deux navires restent un moment collés l'un à l'autre et comme le FRIGORIFIQUE donne dangeureusement de la bande, le capitaine Le Dré donne l'ordre d'évacuation. L'équipage et les officiers profitent alors de ce moment pour sauter à bord du RUMNEY.

Le FRIGORIFIQUE, barre bloquée et dont les machines tournent toujours disparait dans la brume. Mais le RUMNEY est gravement touché lui aussi et son commandant, le capitaine Davis, donne lui aussi l'ordre d'évacuation. Les chaloupes sont mises à l'eau et sont encore à flanc du navire quand soudain, surgissant du brouillard comme un fantôme, le FRIGORIFIQUE revient percuter par le quart tribord le RUMNEY qui coule presque aussitôt.

La brume se lève et les marins médusés regardent le FRIGORIFIQUE qui tournent en rond autour d'eux. Les deux équipages dans les canots du RUMNEY donnent la chasse au navire fantôme. Ils réussissent à l'aborder et peuvent stopper ses moteurs. Et bientôt le FRIGORIFIQUE coule de ses blessures.
Les deux équipages sont finalement receuillis par les canots de Sein et d'Audierne et ramenés à bon port.

Carte du naufrage

"Le 19 mars, vers 10 heures du soir, 36 naufragés venant de l'Ile-de-Sein, ont été débarqués à Audierne par le navire S. F. M , patron Milliner. Deux vapeurs s'étaient abordés vors les 7 heures 1/2 du matin, le 19, par une brume intense. L'un se nommait Rumney (anglais), capitaine. Deviès, et venait de Cardiff chargé de houille pour Rochefort, l'autre (français) se nommait Frigorifique, capitaine Le Dret, et arrivait d'Espagne chargéde vin pour Rouen. L'anglais à coulé immédiatement; le français est resté environ trois heures entre deux eaux. Les deux équipages se sont sauvés dans leurs embarcations jusqu'au phare de l'Armen, où ils ont été recueillis par deux bateaux de pêche de l'Ile-de-Sein, qui les ont conduits sains et saufs à cette île. Le vapeur français Frigorifique jauge 405 tonneaux; il était monté par 21 hommes. Son port d'attache était Bordeaux. Ce navire était à Paris lors de l'exposition de 1878 et faisait le trajet du Rouen en Amérique pour la viande conservée dans la glace. L'anglais jaugeait 522 tonneaux et avait 15 hommes d'équipage. "
Le Finistère 22 mars 1884

Le tribunal maritime ne pourra pas départager les responsabilités du double naufrage et renverra dos à dos les deux compagnies :
"FRIGORIFIQUE – RUMNEY PROBATE, DIVORCE, AND ADMIRALTY DIVISION (Before the PRESIDENT, SIR JAMES HANNEN, and TRINITY MASTERS), THE FRIGORIFIQUE

Action instruite par les propriétaires du bateau à vapeur Rumney contre les propriétaires de Frigorifique dans le cadre d'une collision qui s'est produite dans le Golfe de Gascogne le 19 mars courant. Il y avait un brouillard épais à cette époque et la collision, dont les circonstances furent d'un caractère extraordinaire, ont eu pour résultat la perte des deux navires. D'après les plaignants le Rumney gouvernait S.E. par S. 1/4 S., avec ses moteurs à vitesse lente et son sifflet à vapeur actionné à intervalles réguliers, quand il a entendu un bruit ressemblant au son de brisants sur le côté bâbord. Les moteurs ont été immédiatement inversés à pleine vitesse en arrière, mais presque immédiatement ensuite Frigorifique, qui allait à une vitesse considérable, a été vu à très courte distance traversant le sillage du Rumney de bâbord à tribord et bien que la barre de ce dernier ait été mise à tribord toute, la collision s'est produite immédiatement Ensuite, la proue du Rumney entrant en contact avec le quart tribord du Frigorifique. Les deux navires sont restés en contact un court délai, pendant lequel l'équipage du bateau à vapeur français a sauté à bord du Rumney et Frigorifique, dont les moteurs étaient toujours en marche avant toujours, a disparu dans le brouillard. Les canots du Rumney ont été alors baissés et pendant qu'ils étaient toujours côte à côte, le Frigorifique, qui avait fait un circuit dans le brouillard, revient de toutes les forces. Il est de nouveau en vue et avant que tout ne soit fait pour pour sortir de sa route, il a heurté le quart de tribord du Rumney, le faisant couler presque immédiatement. Les deux équipages dans les canots du Rumney ont donné alors la chasse au Frigorifique, qui, avait disparu dans le brouillard. il est repéré, tournant en rond. Après quelque instants, ils ont réussi l'aborder et a arrêté ses moteurs, mais ensuite il a aussi coulé victimes des blessures faites.
La thèse des défendeurs était que Frigorifique, qui était sur un cap ouest, allant aussi lentement que possible, actionnant son sifflet à intervalles fréquents, quand le navire Rumney a été vu à une longueur de navire sur tribord. La barre a été immédiatement mise à tribord, toute, mais avant que l'ordre puisse être réalisé  le Rumney, venant à grande vitesse, a frappé le Frigorifique sur le quart tribord, en coupant la moitié de la coque à travers son pont. Dans la collision la barre de Frigorifique a été forcée et s'est bloquée à bâbord toute Le barreur étant ainsi projeté complètement sur sa barre.
M. Phillimore et M. Baden Powell ont plaidé pour les plaignants ; M. Webster, Q.C. et M. Bucknill pour les défendeurs. Le président, dans son jugement, a dit que les thèse étaient très opposées, le comportement des témoins n'étant d'aucune secours à la Cour pour déterminer la vérité. Il y avait la négligence de chaque côté. La Justice a constaté qu'aucun des partis n'avait apporté la preuve de la négligence de l'autre, elle s'est donc prononcé tant contre la revendication que contre la demande reconventionnelle, et a dit que chaque parti devait porter le prix."

Charles Tellier

Frigorifique

Timbre émis à la mémoire de Charles Tellier

Le "Frigorifique", échoué contre les piles du pont des Arts, à Paris, en 1879.
Gravure d'après un dessin de Jules Després (XIXème siècle).

La conception du Frigorifique (voir le document sur la visite du navire)

Louis Abel Charles Tellier, (2) ingénieur français, a l'initiative d'installer, au printemps 1868, une "armoire à conservation" sur un navire anglais en partance vers l'Argentine, le CITY OF RIO DE JANEIRO . Après vingt-trois jours de traversée, la viande américaine parvient à bon port en Europe et dans un état qui permet sa consommation. L'événement est de taille, mais la guerre franco-prussienne vient interrompre la mise en œuvre de ses projets.
Ce n'est qu'en 1874 que l'Académie des Sciences dépêche auprès de l'inventeur une commission chargée d'examiner les résultats de ses travaux. Après huit mois passés à Auteuil, celle-ci conclut au succès complet de Charles Tellier. Ce dernier cherche alors à donner davantage de publicité à sa réalisation par une démonstration publique.
ILe navire quitte le port de Rouen, le 30 septembre 1876, avec à son bord toute une cargaison de viandes. Il veut démontrer aux éleveurs argentins que la viande de bœuf peut traverser l’Atlantique et donc venir alimenter massivement et économiquement les populations de l’Europe. A la suite d'une avarie cependant, Le Frigorifique doit faire escale à Lisbonne et ce n'est qu'après cent cinq jours de traversée qu'il parvient à Buenos Aires, le 23 décembre suivant. Les denrées alimentaires venues de France sont intactes !

Il crée à Rouen, la Société pour le Transport de la Viande Fraiche et achète pour 212.500 francs, l'EBOE en 1875. Il l'équipe à ses frais, et le rebaptise LE FRIGORIFIQUE. Les cales sont aménagées en chambre froide grâce à l'installation de machines frigorifiques fonctionnant à l'éther méthylique. Dix mois suffirent à aménager le bateau, et la tâche était assez complexe. Un tiers du navire était affecté aux machines, deux tiers à l'entrepôt des viandes. Il fallait isoler des chambres des machines où régnait une température de 40° les cales à viandes. Pour réaliser un isolement parfait, Tellier fit une double paroi en sapin et il remplit l'espace vide, large de dix centimètres, avec du liège en poudre et de la paille, car il ne put se procurer assez de liège. Avec le souci du détail qui ne le quittait jamais, l'ingénieur ne prit pas une paille quelconque, mais il choisit de la paille de blé, battue au fléau, qui ne fut pas aplatie par la batteuse. Ainsi cette paille conservait sa forme tubulaire, chaque bout constituait ainsi un petit réservoir d'air, excellent isolant élémentaire.
Le Frigorifique avait une marche lente, 6 à 8 nœuds.
Le navire quitte le port de Rouen, le 30 septembre 1876, avec à son bord toute une cargaison de viandes. Il veut démontrer aux éleveurs argentins que la viande de bœuf peut traverser l’Atlantique et donc venir alimenter massivement et économiquement les populations de l’Europe. (voir le document sur la visite du navire) A la suite d'une avarie cependant, Le Frigorifique doit faire escale à Lisbonne et ce n'est qu'après cent cinq jours de traversée qu'il parvient à Buenos Aires, le 23 décembre suivant. Les denrées alimentaires venues de France sont intactes !

Position

Carte du naufrage

Position probable des deux épaves

Sources

"Thomas Royden & Sons, shipbuilders, Liverpool, 1818-1893", Ernest Bland Royden, 1953 ; Annales du sauvetage à l'ïle de Sein ; Otago Daily Times (9 Mahuru 1884) ; The Times (21 March 1884) ; "De l’objet technique a l’utopie sociale. Les ressorts de l’imaginaire technologique des ingénieurs au XIXe siècle" par Georges Ribeill ; "Les rituels du naufrage", Serge Sautreau, Ed. Hier & Demain 1977 ; Miramar Ship Index, R.B.Haworth, Wellington, New Zealand, 2006 ; L'Illustration 1876-1884 ; The Times (22 May 1884) ; Revue Maritime & Coloniale (1877/10, Tome 55) ; Le Finistère (22/03/1884)

Notes

1. John Cory & Sons Ltd : John Cory est né à Padstow, Cornouailles, en 1823. Ce marin a créé son entreprise dans son port d'attache avec le ketch Millicent. En 1862, il a vendu le Millicent et a acheté le Volunteer, un navire immatriculé Cardiff, suivi rapidement par le John Henry de Newport. Cory a continué à vivre à Padstow jusqu'en 1872 puis il est parti à Cardiff. En 1898, la société armait 23 navires et en 1914, 29. John Cory a également été impliqué dans l'industrie du charbon et du minerai de fer. Au cours de la Première Guerre mondiale l'entreprise a perdu 20 de ses navires.

2. Louis Abel Charles Tellier, né le 19 juin 1828 à Amiens (Somme) et mort dans le dénuement total en 1913 à Paris, est un ingénieur français. Il est en 1876 à l'origine de travaux sur deux corps nouveaux, l'éther méthylique et la triméthylamine. Il crée à Auteuil en 1869, la première usine frigorifique dans le monde pour la conservation de la viande et des denrées alimentaires par le froid artificiel. Charles Tellier a découvert et mis au point la méthode du refroidissement par cascades, qui rend un fluide facilement liquéfiable, comme l'anhydride sulfureux, utilisé pour déterminer la liquéfaction d'un autre liquide plus difficile à liquéfier, comme l'anhydride carbonique. Ce principe sera utilisé et rationalisé vingt ans plus tard. Charles Tellier meurt au 75 rue d'Auteuil à Paris en 1913 dans la plus grande pauvreté, et peu avant de disparaître, il dira à un de ses proches : "Le convoi des pauvres m'attend, mais ce sort final des travailleurs ne m'effraie pas... "
J'ai voulu voir M. Charles Tellier, Dans une maison d'Auteuil, un logement sur cour. Je sonne. Un petit vieillard, ouvre la porte. Je dis à M. Charles Tellier le but de ma visite. Alors il me raconte :
"Mon père était filateur et, de bonne heure, j’ai pu regarder des machines et j'ai vite eu idée d’en inventer. J'étais en relation avec M. Haussmann, le père, et je lui avais demandé de soumettre un à un mes projets à son fils, alors préfet. Nous étions en pleine canicule lorsque M. Haussmann s'en fut exposer mon affaire et le préfet lui répondit "Dis à M. Tellier que, s'il est en mal d'invention, c'est le moment, ou jamais, de découvrir le moyen de produire la fraîcheur. Qu'il nous fasse une machine à fabriquer la glace." La réponse me surprit un peu, mais je n'hésitai pas longtemps, et je me mis à l'œuvre. J'ai construit le premier appareil frigorifique en 1808. On a dit depuis que j'avais fait alors une grande découverte; elle a perdu ma vie."
"Le grand problème, c'était la conservation des denrées périssables et notamment des viandes, et c'était la solution de ce problème, qui me préoccupait. Dès les premiers essais du premier appareil, je vis bien que je tenais cette solution encore fallait-il que je la fisse accepter et qu'on la reconnût. Un financier, M. de Germiny, qui avait suivi mes expériences, m’encourageait. Lorsque j'eus fait, la preuve que je pouvais conserver la viande dans un parfait état de fraîcheur pendant plus d'un mois, il vint me trouver et me dit : "maintenant, marchez! Marchez! Nous allons fonder une Société et l'Empereur sera notre premier souscripteur"

Carte du naufrage

Charles Tellier

"Là-dessus, je louai un terrain, je montai une usine. Mais brusquement la guerre fut déclarée. Adieu tous les projets! M. de Germiny meurt en allant négocier l'emprunt; l'Empereur est fait prisonnier. Bref, quand la paix fut conclue, je me retrouvai seul, sans ressources tout était à recommencer. Des mois passèrent."
J'eus l'idée de soumettre mon invention à l'Académie des sciences. L'Académie prit connaissance de mon mémoire et m'informa qu'elle nommait une commission qui devait suivre mes travaux. Seulement, entre nommer une commission et la faire fonctionner, il y a deux, comprenez-vous? Deux mois, quatre mois, six mois s'écoutent pas de nouvelles. Un jour, je me décide; je prends dans mon Frigorifique un gigot que j'ai mis là antérieurement pour expérience je l'enveloppe et en route pour l'Institut J'arrive me voilà dans la salle des Pas-Perdus, attendant que le rapporteur de "ma" commission, (il s'appelait M. Bouley), sorte de séance. Il paraît. Je me précipite, tout en défaisant mon paquet, et je lui montre mon gigot. Qu'est-ce que c'est que ça ?. Ah c'est vous, Charles Tellier! le Frigorifique. Oui, oui. Eh bien, combien va-t-il votre gigot? Un mois. Ça n'est pas vrai. L'homme me saute au cou : Parfait! Parfait! s'écria-t-il."
"Les expériences commencent sous le contrôle de la commission nommée par l'Institut, ceci se passait en 1873, elles se prolongent pendant trois mois et donnent les meilleurs résultats. Bouley dépose son rapport; l'Académie se réunit."

Carte du naufrage

Colbert présente les membres de l'Academie des Sciences à Louis XIV en 1667

Cette fois, ça y est! Me disais-je. Mais en comité secret, Pasteur élève des objections : les expériences ont été faites avec des morceaux de viande trop petits; avec de gros quartiers les résultats eussent été moins bons, assure-t-il."
"Il faut encore recommencer. Je luttais dans des conditions impossibles. Enfin, je trouve un peu d'argent et je cours acheter deux bœufs, rue Tronchet. Cette fois, je veux conserver l'animal tout entier, simplement fendu en deux. L'expérience dure cinquante jours; Pasteur, la suit et c'est lui-même qui l'interrompt le cinquante et unième, et qui la déclare concluante. Mes amis crient victoire et l'on me promet un prix de l'Académie. L'Académie, dans un rapport, loua mes travaux, mais elle me refusa le prix, parce que, dit-elle, j'avais manifesté l'intention d'exploiter mon invention. Hélas! Comment l'eussè-je pu faire."
"Je me trouvai soudainement cent adversaires qui dénigraient, critiquaient, blâmaient mon appareil. Il y avait bien quelques personnes mieux intentionnées, mais toutes m'opposaient la même objection. L'invention est ingénieuse, me disait-on, mais il n'est pas prouvé que l'application pratique et industrielle soit possible. Comment le leur prouver? Je n'avais plus du tout d'argent. Un jour que j'allais d'Auteuil à Paris par le bateau-mouche, l'idée me vint, d'en parler au premier venu. Je descends et m'en vais tout droit aux Petites Affiches. Là, je rédige une annonce aux termes de laquelle j'expose en bref mon invention et demande des souscriptions, faisant prévoir de sérieux bénéfices. Ma petite annonce va me coûter quinze ou vingt francs, cependant, je porte la chose au Figaro."
"La première annonce paraît je reçois une quinzaine de lettres. Ça m'encourage et je récidive. Bientôt ce sont des trente lettres par jour qui m'arrivent. En définitive, je réunis ainsi cent vingt mille francs, J'achetai alors un navire que j'aménage spécialement pour les transports frigorifiques."
"Au mois de septembre 1876, le Frigorifique, quittait Rouen emportant toute une cargaison de viande toute fraîchement abattue après cent cinq jours de mer, il aborda La Plata, où le parfait état de conservation des viandes fut constaté officiellement. Ma démonstration était faite. Et après? ? Après j'ai été raillé, bafoué, attaqué, plus violemment que je ne l'avais jamais été; et pendant de longs mois j'eus presque honte d'avoir fait cela. Cependant à l'étranger, l'attention était éveillée."
"Mes idées ont triomphé au dehors, les quatre cinquièmes des appareils frigorifiques dont on se sert aujourd'hui dans le monde entier reproduisent celui que j'avais construit en 1867. L'idée a fait son chemin et c'est par milliards que se chiffre annuellement la valeur des produits frigorifiés dont on fait commerce à présent. Que voulez-vous, dit-il, c'est ainsi. C'est la lutte, vous savez, la lutte contre toutes les choses nouvelles." Interview du journaliste François Crucy (Le Figaro en 1911)

3. Worms, Josse et Cie. : 1848: Hypolite WORMS commence une affaire d'importation de charbon anglais 1856: Achat du premier navire. Création des services maritimes. 1865: Création de la ligne Rouen-Bordeaux. 1877: Décès d'Hypolite WORMS. Henri JOSSE le remplace. 4 navires. 1881: WORMS, JOSSE et Cie. Rachat de la flotte de Frédéric MALLET 1893: Décès d'Henri JOSSE. Henri GOUDCHAUX le remplace. 1895: WORMS et Cie.

Logo

78, Hent Menez Land- 29170 Fouesnant

Copyright 2015