Sondage archéologique sous-marin, directeur de sondage : Elie Coantic
Historique du naufrage :
Le HMS Marlborough, équipage 590 hommes, 74 canons, a été construit, le 26 août 1767, à l'arsenal de Deptford par Barnard.
Le 13 juillet 1800, il rejoint son escadre au large de Brest. A la fin du mois de septembre, il navigue au large de Belle-Ile avec le HMS Montagu, où il capture un brick français qui se réfugiait à Le Palais.
Le 4 novembre 1800, alors qu'il patrouille dans l'ouest de Quiberon, le Marlborough talonne, dans la brume, une roche sur le plateau des Birvideaux, et reste échoué pendant plusieurs heures. Profitant de la marée, et après s'être délesté du poids d'une grosse partie de son artillerie, il parvient à se remettre à flot. La coque a souffert, le safran est arraché et une importante voie d'eau est apparue. La situation est critique, d'autant que le vent fraîchit. Les mâts sont coupés et d'autres canons sont largués pour retarder un naufrage qui semble devenir inéluctable. Il se résigne à ancrer pour évacuer son équipage. Une demande d'assitance est envoyée au HMS Captain (commodore Sir R. J. Strachan) qui croisait à proximité. Les deux navires à couple, les officiers et les malades quittent le bord. Puis c'est au tour du reste de l'équipage d'être secouru par les quatre ou cinq autres bâtiments de l'escadre.
Les conditions météorologiques se dégradent, et le bâtiment chasse sur ses ancres et se met à dériver au gré des courants et du vent, toute la journée du 5 novembre. Le vaisseau arasé, à l'état de ponton, s’approche inexorablement de la Côte Sauvage. Vers 21 heures, il se fracasse sur la falaise. Les lames le mettent rapidement en pièces et dispersent tout au long de la presqu’île les éléments de ce qui fut une formidable machine de guerre de sa Très Gracieuse Majesté Britannique.
Une cour martiale tenue à Portsmouth, le 2 janvier 1801, décidera que, ni le capitaine Sotheby, commandant du Marlborough, ni ses officiers et équipage ne pouvaient être blâmés de cette perte, car le plateau des Birvideaux n'était pas encore signalé.
Le beau temps revenu, les habitants des environs, de Quiberon à Erdeven, se livrèrent alors au pillage méthodique de ce qui restait du Marlborough.
Les archives évoquent la présence de plus de deux mille personnes qui participèrent avec joie à cette curée. De nos jours, il est encore possible de voir des charpentes de maison construites avec les membrures du Marlborough récupérées à la côte.
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