LES BOMBARDEMENTS DE NANTES

16 septembre 1943 - 23 septembre 1943

I. Le premier raid


Ouest-Eclair
Ouest-Eclair (17/09/1943)

"À la date du 16 septembre 1943, Nantes a subi 320 alertes et 10 bombardements aériens provoquant la mort de 68 victimes. Ce jour-là, rien ne laisse supposer qu’une attaque aérienne de grande ampleur peut viser la ville.

Lorsque les sirènes résonnent à 16 h 35 pour annoncer le danger, peu de Nantais respectent les mesures élémentaires de sécurité édictées par la Défense passive comme, par exemple, rejoindre les abris anti-aériens. Par vagues successives, les bombardiers américains survolent le port, la gare de triage et Roche-Maurice. Malgré les tirs des canons de DCA, ils déversent leurs bombes sur la ville occasionnant des destructions humaines et matérielles très importantes". (Source Archives municipales de Nantes).

En fait c'est le port qui est visé où plus exactement les navires d'assistance aux sous-marins et aux raiders allemands (pétroliers et supply-ships). Ils sont au nombres de cinq, présents dans le port en septembre 1943 : trois pétroliers le JENNY, le WANGERLAND, le MONSUN et deux paquebots le KULMERLAND et le KERTOSONO.

79 bombardiers B-17, escorté par 79 chasseurs P-47 déversent leurs bombes à 5000 mètres d'altitude.

Hélas faute de précision sur la cible, le bombardement du 16 septembre sera un désastre matériel et humain :
"Pour la journée du 16, on décompte 977 victimes civiles. À ce chiffre, il convient d’ajouter les disparus (27 personnes), les corps non-identifiés (113) et 67 soldats allemands.

Par contre aucun des grands navires visés situés en amont du centre de Nantes ne seront, ce jour là, touchés...

Les cibles atteintes:

Räumboot R 19 (1934-1943)
KriegsMarine

Raumboot

Ce type de vedettes a été conçu dans les années 1920, et les premiers bateaux furent construits dans les années 1929 -1934 (R 1 à 8 et R 9-16) par les chantiers Lürssen et Abeking & Rasmussen (A & R) à Lemwerder. Les premiers bateaux déplacent 60 tonnes et sont de construction mixte (poutres en acier avec plaquage en bois). Ils sont équipés de moteurs diesel MWM sur deux hélices Voith Schneider, avec au total 714 chevaux. Ceux de la série des 17 à 24, construits par Abeking & Rasmussen déplacent 115 tonnes pour 1836 chevaux.
Ce sont des navires très agiles et rapides de 37.37 x 5.5 x 1.3 capable d'une vitesse de 21 noeuds. Ils sont armés de 1 canon de DCA, 4 × 20 mm. Tous les bateaux sont équipés de générateurs électriques pour l'évacuation des mines magnétiques, grâce à un moteur diesel Deutz à refroidissement par air, installé dans un logement sur le pont supérieur.
A l'entrée en guerre, le programme de construction a été considérablement amplifié et un total de 424 dragueurs de mines ont été produits avec l'adjonction des.chantiers Burmester Werft et Schlichting.

Les Torpilleurs TA 2 (ex L'AGILE)
TA 4 (ex L'ENTREPRENANT)
(1940-1943)
Torpilleurs TA

Les torpilleurs de 1010 tonnes émergent dans les notes des 18 janvier 27 février et 25 mai 1936. Le déplacement doit atteindre 1000 tonnes Washington afin d'assurer une vitesse de 34 noeuds et un rayon d'action de 2500 miles nautiques à 15 noeuds avec un armement composé de deux plateformes doubles lance-torpilles, quatre canons de 100mm en deux pseudos-tourelles à capacité antiaérienne et surtout une DCA légère suffisant contre une menace qui était connue et reconnue.
Quatre navires sont commandés en mai 1938 (tranche 1) quatre en septembre 1939 (tranche 2) quatre en mars 1940 (tranche 3) et quatre en juin 1941 (tranche 4) soit seize pour former quatre divisions homogènes de quatre navires.
L' Agile est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de Bretagne à Nantes en avril 1939, lancé en mai 1940 et admis au service actif en mai 1941.
L' Entreprenant est mis sur cale aux Ateliers et Chantiers de la Loire à Nantes en janvier 1939 lancé en mai 1940 et admis au service actif en mars 1941.
Inachevés au moment de l'invasion allemande
LeFier PN 222, L’Agile PN 223 et L’Entreprenant PN 224, sont remorqués vers Bordeaux dans l’attente d’une décision sur leur sort. L’achèvement en Grande-Bretagne est exclu, car l’industrie britannique est surchargée. Un achèvement avec du matériel américain était envisageable, mais la mise aux normes françaises impliquait de construire des unités non standard, donc un délai de 24 à 30 mois. Le remorquage à travers l’Atlantique présentant des risques importants, il aurait fallu transporter les machines américaines en Afrique du Nord pour faire le montage à Oran ou Alger (compter 6 mois supplémentaires). Ces délais et le coût financier très importants ont finalement conduit l’état-major à décider de saborder les trois navires fin juillet dans le port de Bordeaux, pour en parachever le blocage.
Historiquement, les trois navires ont été emmenés à la remorque le 18 juin. Le Fier est échoué près d’Oléron, tandis que les deux autres le sont au Verdon-sur-Mer (à l’embouchure de la Gironde). Ils seront renfloués au mois d’août par les Allemands et conduits à Rochefort, puis à Nantes, pour y être achevés sous les noms de TA1 (Le Fier), TA2 (L’Agile) et TA4 (L’Entreprenant). La pénurie de matériels et les sabotages effectués par les ouvriers français rendront cette tâche impossible.

Ces navires déplacent 1100 tonnes en standard et 1337 t à pleine charge. Leur longueur (hors tout) est de 95 m pour une largeur 9.40 m et un tirant d'eau 3.25 m. Ils sont propulsés par des machines 3 chaudières Indret et 2 turbines Parsons ou Rateau-Bretagne à engrenages entrainant 2 hélices pour une puissance 30 800 ch Leur vitesse atteint 33 nds avec une autonomie de 5 heures à 30 nds. Leur armement est composé de 4 pièces de 100 mm AA (2x2), 8 mitrailleuses de 13.2 mm AA (4x2), 4 tubes lance-torpilles de 550 mm . L'équipage atteint 136 hommes.

SG en feu

SG 1943

L'un des TA en feu, quai de la Fosse, le 16 septembre 1943

L'autre TA coulé, quai Fernand Crouan

Sperrbrecher 184 (ex BERNISSE)
SP 184 BERNISSE

M/V BERNISSE : Caboteur de 560 tonnes, dimensions : 57.67 x 9.24 x 3.3 mètres, lancé en 1941 sous le nom de BERNISSE , par le chantier : Haarlemsche SB, Haarlem (yard 372). Machine diésel.
Il est saisi en Hollande le 20/02/1941 à l'armement P.A. van Es & Co. De Rotterdam. Il est affecté à la 4. Sperrbrecherflottille puis à la 6. Sperrbrecherflottille.
Sa destruction à Nantes le 16/09/43 causera quatre victimes dans son équipage.


Sperrbrecher 184, quai Saint-Louis, le 16 septembre 1943

Sources

"Die deutschen Kriegsschiffe 1815-1945 Band 4: U-Boote, Hilfsschiffe I: Werkstattschiffe, Tender und Begleitschiffe, Tanker und Versorger", Gröner, Erich; Bernard & Graefe Verlag 1986 ; "German Navy Handbook 1939-1945 Kriegsmarine Coastal Forces", Gordon Williamson ; "Les torpilleurs légers français- 1937/1945", Marc Saibène ; "La construction navale françaies, 1940- 1942", Claude Huan ; "Les navires de la marine allemande et la Force aérienne de 1939 à 45" Erich Groner, Lehmann Verlag, Munich, 1954 ; "Deutsche Sperrbrecher 1914 – 1945", Peter Arndt, Bernard & Graefe Verlag, ISBN: 3763762574 ; Miramar Ship Index ; Ouest-Eclair (17 au 26 /09/1943) : Médiathèque de Nantes (Nantes sous les bombardements, cote 140859/C158) ; "Les bombardements de Nantes en 1943" (BT N°1177) ; Photos Archives Municipales Nantes (22 fi230, 22 fi253, 28 fi9)

Suite : Le 23 septembre 1943

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