Pétrolier SAINT-YVES
(1939 - 1947)
Pavillon françaisPavillon Soflumar

Pertuis d'Antioche
Coulé par une mine, le 25 juillet 1947

Petrolier Saint Yves

Caractéristiques

SAINT-YVES, pétrolier, 1642, brt, 646 net, lancé par les Ateliers et chantiers de France à Dunkerque (yard 168). Il est mis en service en 1939 pour la Soflumar (Société d'Armement Fluvial et Maritime) de Dunkerque.

Il mesure 71.3 x 11 mètres (234,1 x 36,1 x 16,3 pieds) et est propulsé par un moteur trois cylindres (18"1/2 & (2) 23"11/16-23"3/5) fabriqué par les chantiers, d'une puissance de 76 NHP, lui donnant une vitesse de 10 noeuds.

Il sera saisi en 1941 et armé avec un équipage allemand et renommé CAMMIN puis OSTERODE. Après la guerre, il est restitué à ses armateurs et reprend son nom le SAINT-YVES.

Le naufrage

Le 25 mai 1947, à 13h00, dans le chenal entre l'Ile de Ré et d'Oléron, conduisant au port de La Pallice à environ 4 milles du port, le Saint Yves heurte violemment une mine par l'arrière. Il vient du port de Jérôme avec une cargaison de 4500 tonnes d'essence.

Les machines sont envahies par la mer et le bateau chavire par tribord. Le capitaine Gelein, originaire des Cotes du Nord, fait mettre les embarcations à la mer dans lesquelles les 22 hommes d'équipage ont pris place. Tous sont saint et sauf, seul le capitaine est légèrement blessé au côté droit de la tête. Les naufragés sont recueillis par des bateaux de pêche et par des bateaux de la marine nationale envoyés sur les lieux à la suite d'un signal donné par un sémaphore. Tout l'équipage du navire monte à bord d'un navire qui les amène à l'escalier nord de l'écluse.

Cette zone avait pourtant été déminée en 1945 par des unités n'appartenant pas à la 2° flottille de dragage. Pour éviter un autre accident les dragueurs de mines 301 et 326 stationnent sur zone à proximité de l'épave du Saint-Yves.

Il a coulé par 25m de fond, son arrière touche le fond et son avant émerge de 15m. Des spécialistes du renflouage viendront dans les jours qui viennent pour voir les solutions à apporter. Le 13 juin 1947, il est noté que les cuves du Saint-Yves sont encore étanches.

Les images du naufrage

Images Francois Delboca

Position

Carte naufrage

Zone : 46 01 30 - Ré - N° SHOM : 14561061
Latitude : 46° 07', 1818 N - longitude : 001° 28', 6236 W

Notes

1. La société des Ateliers et chantiers de France est fondée le 20 avril 1899 à Dunkerque, à l'est de l'avant-port, afin de doter le port de Dunkerque, nouvellement modernisé par le plan Freycinet, d'une activité de construction et de réparation navale. Lorsque que la guerre éclate en 1914, les chantiers sont en plein essor et emploient 2 400 personnes. Au cours de l'Entre-deux-guerres, ils participent au programme de construction de navires de guerre pour la Marine Nationale, tout en exécutant de nombreuses commandes de navires de commerce. Le pétrolier Emile Miguet, le plus gros bâtiment de sa catégorie au monde, est ainsi lancé en 1937. Cette période est également marquée par l'arrivée du directeur le plus emblématique des Ateliers et chantiers de France, Lucien Lefol. Entré au chantier au début des années 1920 en tant qu'ingénieur, il en devient directeur général quelques années plus tard, et le restera jusqu'en 1961. Les chantiers sont rachetés en 1956 par le groupe Schneider SA. Sous le contrôle du groupe, une première fusion a lieu en 1960 avec les Forges et chantiers de la Gironde-Bordeaux, donnant naissance à la société France- Gironde. Cette fusion, préconisée par le livre blanc sur la construction navale de 1959, se révèle être une très mauvaise opération financière pour le chantier de Dunkerque, qui doit éponger les déficits du chantier de Bordeaux. Cette situation débouche sur la fermeture du site de Bordeaux en 1969. L'entreprise prend alors la raison sociale France-Dunkerque. Dans les années 1970, l'entreprise poursuit sa politique de modernisation afin de rester compétitive sur un marché hautement concurrentiel. Le chantier opte alors pour la construction d'unités de plus petite taille mais à la technicité très poussée. Dunkerque devient ainsi le premier constructeur mondial de méthaniers.

2. Osterode est une ville de Pologne (Ostróda ) dans la Voïvodie de Varmie-Mazurie. Cette ville est la 4e plus grande ville de Varmie-Mazurie.

3. Cammin ou Kammin (en kachoube Kamién) est une ville de Pologne (Kamień Pomorski , située dans la Voïvodie de Poméranie Occidentale.

4. Société d'Armement Fluvial et Maritime (SOFLUMAR) :1932 : Création de cette filiale de VAN OMMEREN. 1934 : Après avoir débuté avec des bateaux fluviaux, la société achète son premier navire de mer. Spécialisation dans le transport de vins et de carburant liquide en citerne. 1939 : 2 navires. 1957 : 5 navires. 1974 : 16 pétroliers. 1980: 5 navires. 1987 : Fusion avec VAN OMMEREN France. D'abord Soflumar Van Ommeren France, puis Van Ommeren Tankers, maintenant Broström Tankers S.A. cet armement fait partie du groupe Broström, opérateur mondial en transport de pétrole et produits chimiques, depuis mars 2000. Quand la compagnie a changé de raison sociale les navires ont changé leur préfixe "Port" en "Bro".

Sources

Navire & Marine Marchande n°28 de Juillet 2006 ; B3-Rochebonne ; francois.delboca.free.fr/fssaint.html ; S.H.O.M. France 2006 ; Archives Nationales du Monde du Travail (Chantier du Nord et de la Méditérarranée, 1998 008 01-55 F° 38, Bateau n°168; SAINT-YVES : 8 microfiches) ;

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